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Les autorités du pays, via l’ENTV, s’apprêteraient à acheter les droits de diffusion de la CAN 2017 détenus, faut-il le rappeler, par le Groupe beIN Media, pour permettre à tous les Algériens de suivre en clair les matches de l’EN sur la chaîne publique. C’est comme si l’on exige du marié ou de la mariée de payer pour assister à sa propre fête ! 20 millions de dollars, si l’on se base sur le montant de la précédente édition pour voir à la télé sa sélection, c’est cher payé !

Voilà comment tout un pays est pris en otage pour ne pas avoir su défendre ses intérêts. Les pouvoirs publics se retrouvent devant un dilemme : faut-il s’avouer vaincu en payant la rançon ou bien refuser de le faire privant du coup des millions d’Algériens de leur équipe nationale ? Il semble que la question a été tranchée en haut lieu. En ces temps de troubles sociaux, il vaut mieux occuper le peuple avec sa « drogue » préférée, quitte à perdre sa souveraineté sur un droit constitutionnel.

Car il faut savoir que dans les pays qui se respectent, en Europe particulièrement, les grands événements sportifs comme la finale de la Coupe du monde, les principales épreuves des JO, mais aussi les rencontres des sélections nationales de football sont diffusées systématiquement en clair par une chaîne locale. C’est une loi votée au Parlement, notamment en France.

La CAF profite justement du vide juridique chez nous pour imposer son diktat, avec, il faut le dire, la complicité de certains présidents de fédérations.

Le 12 juin 2015, l’instance présidée par l’omnipotent Issa Hayatou a renouvelé pour une période de… 12 ans (2017-2028), le contrat avec Sportfive, une filiale du Groupe français Lagardère, pour « la commercialisation des droits média et marketing des principales compétitions organisées par la CAF ». Sportfive se charge ensuite de revendre les droits en les partageant sur ses « clients », selon leur position géographique. Ainsi, l’Algérie se retrouve de facto classée dans la région Mena (Moyen-Orient, Afrique du Nord), sans avoir rien demandé. Une sorte de « Yalta » des médias dans lequel les pontes de la CAF se partagent le gâteau avec leurs amis. Une opération réglée comme du papier à musique.

Les pays de l’Afrique du Nord sont les principales victimes de ce chantage médiatique. En rangs dispersés, ils ne font pas le poids, mais s’ils décident de s’unir pour défendre leurs intérêts communs, ils peuvent constituer une force contre le lobby de l’argent. Le rôle incombe aux présidents des Fédérations d’aller défendre ce principe dans les assemblées de la CAF. Mais voudront-ils le faire, eux qui ont jusque-là passé leurs propres intérêts avant celui de leur peuple ?




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